Foire aux questions

Foire aux questions

Quel professionnel consulter?

Vous désirez consulter un professionnel de la santé ou de l’éducation mais vous avez de la difficulté à vous repérer parmi les différents types de services?

Pour vous aider à faire le point, vous pouvez rencontrer votre médecin, un intervenant au CLSC de votre région ou bien celui d’une ressource communautaire.

Nous vous invitons à explorer les sites des différentes associations et des ordres professionnels suivants pour trouver un service dans votre région et obtenir plus d’informations sur les rôles et les champs d’expertise respectifs à chacune de ces professions :

NOTE : Il n’est pas nécessaire de se procurer une référence d’un médecin pour consulter un professionnel de la santé ou de l’éducation. Certaines assurances peuvent exiger une prescription pour le remboursement des frais d’honoraires.

Est-ce que tous les professionnels qui portent le titre de «docteur» peuvent prescrire des médicaments?

Le titre de docteur n’est pas réservé aux médecins. Ceci peut parfois devenir confondant.

Le terme « Docteur » est utilisé pour toute personne qui a complété un diplôme de doctorat dans une discipline donnée (ex. : docteur en médecine, docteur en psychologie). Il ne faut pas confondre médecin et docteur.

Au Canada, les seuls professionnels autorisés à pouvoir prescrire les médicaments pour traiter le TDAH sont les médecins généralistes et les médecins spécialistes ainsi que, au Québec, les infirmières praticiennes en santé mentale.

NOTE : Selon la loi canadienne qui régit les médicaments, les psychostimulants sont classés parmi les produits dits «contrôlés». La prescription de ces produits n’est pas transférable d’une pharmacie à l’autre, même quand la nouvelle pharmacie est de la même bannière. Il est donc essentiel d’obtenir une nouvelle prescription de la part de son médecin si la personne doit changer de pharmacie.

Qu'est-ce que le TDAH? Y a-t-il une épidémie? Pourquoi le dépister?

Le TDAH est un problème neurologique qui entraîne des difficultés à contrôler et à freiner les idées (inattention), les gestes (bougeotte physique) et les comportements (impulsivité).

Y a-t-il une épidémie?

Certains ont l’impression qu’il y a une épidémie de TDAH. Le TDAH touche environ 5-8% des enfants et environ 4% des adultes. Au Canada et aux États-Unis, comme dans bien des endroits au monde, le TDAH est encore la cible de «mésinformation». Cependant, de plus en plus de gens sont sensibilisés au fait que le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui peut avoir des impacts importants dans la vie des personnes atteintes. Nous avons maintenant de meilleurs outils pour identifier et aider ceux qui en souffrent, la conscience publique de ce trouble s’est grandement accrue dans les dernières années. Par conséquent, les professionnels et le grand public sont plus attentifs au TDAH, le dépistage et l’offre thérapeutique s’intensifient. Dans beaucoup de pays, le nombre de personnes traitées avec la médication TDAH explose, au point que plusieurs s’interrogent si des personnes présentant d’autres problématiques qui peuvent entraîner des symptômes apparentés au TDAH ne reçoivent pas une approche thérapeutique appropriée par erreur diagnostique. En effet, plusieurs éléments peuvent mimer le TDAH ou en empirer les symptômes, il est important de bien se renseigner, de faire une démarche diagnostique adéquate auprès d’un professionnel qualifié et de bien cibler les objectifs de traitement pour pouvoir mettre en place les stratégies gagnantes pour mieux vivre avec son TDAH.

Pourquoi le dépister ?

Les symptômes du TDAH sont présents depuis l’enfance et les études de suivi ont permis d’établir qu’ils persistent à l’âge adulte dans la majorité des cas.

Les personnes atteintes vivent des difficultés au quotidien qui leur nuisent autant à l’école, dans leur travail que dans leur vie privée en raison des:

  • troubles cognitifs attentionnels (distractibilité, bougeotte des idées, oublis, perte d’objets, désorganisation, éparpillement à la tâche et difficulté à commencer et terminer à temps
  • difficultés avec la notion et l’organisation du temps mais aussi de l’espace
  • comportements d’agitation et dl’impulsivité.
  • difficultés à moduler l’intensité de leur réponse émotionnelle (« à fleur de peau », « hypersensible », « la mèche courte »).

Souvent, elles ont appris à composer avec la bougeotte physique et l’ont canalisée dans leur travail ou dans les sports.

Certains se « traitent » avec des psychostimulants en vente libre (caféine, nicotine) ou des drogues de rue comme le cannabis ou la cocaïne.

En raison des symptômes du TDAH et des impacts de ceux-ci, plusieurs personnes atteintes souffrent aussi d’une faible estime d’eux-mêmes et d’un sentiment de sous-performance chronique.

Dépister le TDAH, comprendre comment son cerveau fonctionne, permet à la personne atteinte et ses proches de mettre en place plusieurs stratégies compensatoires pour en réduire les impacts (voir section TRUCS).

Quand le TDAH entraine des impacts significatifs malgré ces stratégies, quand le «fardeau compensatoire» est trop lourd, il importe de consulter pour obtenir de l’aide, afin de pouvoir développer son potentiel et réduire le risque de présenter des problématiques associées.

Quelles en sont les causes?

On ne connaît pas les causes exactes du TDAH.

La génétique joue un rôle important dans la transmission de ce problème.

Le TDAH a une composante héréditaire dans la majorité des cas et peut aussi, plus rarement, être lié à des séquelles d’atteintes neurologiques en bas âge (ie : la prématurité, une souffrance néonatale ou une maladie neurologique précoce d’origine infectieuse comme la méningite). Il existe donc des individus mais aussi bien souvent des familles qui se débattent pour réduire l’impact que les symptômes du TDAH entraînent dans leur quotidien.

La façon d’élever un enfant atteint de TDAH peut en moduler l’expression et l’évolution. Par exemple, la présence ou l’absence de support et d’aide pour pallier à ce trouble peuvent entraîner de l’anxiété, des atteintes de l’estime de soi, et des problématiques de comportement (ie : opposition, délinquance).

Le TDAH est un trouble neurobiologique

Certains neurotransmetteurs seraient dysfonctionnels dans le TDAH (dopamine et la noradrénaline.

Le cerveau des personnes atteintes de TDAH fonctionne différemment.

Pour comprendre les atteintes reliées au TDAH, comparons la circulation de l’information dans le cerveau à un réseau routier. Des études du fonctionnement du cerveau chez les personnes atteintes de TDAH ont mis en évidence un mauvais fonctionnement de zones responsables du contrôle ou de l’inhibition de certains comportements (appelées dans le jargon médical « fonctions exécutives », qui permettent entre autres le « démarrage, le freinage, les changements de direction et la priorisation sur la route »). Il semble que, dans le TDAH, le réseau de transmission de l’information soit défectueux, comme s’il manquait de feux de circulation et de panneaux de signalisation dans le réseau routier et que les voitures n’avaient pas un bon système de démarrage et de freinage. Les études en imagerie cérébrale ont démontré que le cerveau des personnes atteintes de TDAH fonctionne différemment et que certaines de ces différences sont réversibles sous traitement pharmacologique. D’autres travaux de recherche ont aussi mis en évidence un retard de maturation dans le développement du cerveau qui peut en partie expliquer pourquoi plusieurs jeunes atteints de TDAH semblent adopter des comportements qui plus immatures que leur âge.

Pourquoi et qui consulter?

Au Québec, que faire si l’on suspecte un TDAH chez son enfant ou pour soi-même?

  •  Bien se renseigner
    • Groupes d’entraide
    • CLSC, professionnels et intervenants dans le domaine
    • Livres, vidéos, sites web, conférences
  • Mettre en place les stratégies d’adaptations reconnues efficaces et évaluer les besoins pour une médication
  • Consulter son médecin de famille
    • remplir les questionnaires demandés;
    • rechercher les impacts fonctionnels (pour cibler pourquoi et quand intervenir);
    • envisager une consultation en spécialité lorsque le tableau est complexe.
  • Consulter un psychologue
    • pour clarifier le diagnostic de TDAH ou de trouble d’apprentissage. Au Québec, les dispositions de la loi 21 stipulent que tous les psychologues peuvent procéder à l’évaluation du TDAH et d’un trouble d’apprentissage et conclure à leur présence;
    • pour mettre en place les stratégies non pharmacologiques pour mieux vivre avec le TDAH;
    • pour entreprendre une psychothérapie spécifique au TDAH ou à une problématique associée.

Le TDAH entraine une difficulté à moduler l’attention, les mouvements, les comportements et parfois même les émotions.

L’enfant est en général amené en consultation pour :

  • des symptômes attentionnels;
  • de l’hyperactivité ou de l’impulsivité;
  • des problèmes d’apprentissage.

Note : Les difficultés académiques et les problèmes de comportement sonnent souvent l’alarme. L’enfant plus inattentif, sans bougeotte associée, est souvent référé plus tard dans sa vie car ses symptômes sont moins “visibles”.

L’adulte consulte en général de lui-même car:

  • il a un proche (souvent un enfant) pour qui la reconnaissance et le traitement du TDAH a été bénéfique;
  • il se reconnait dans les descriptions du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité et vit encore à l’âge adulte des difficultés en lien avec un TDAH probable.

D’autres, quel que soit l’âge, consultent pour des problématiques associées.

Sur le plan de la santé mentale, plus de la moitié des gens souffrant d’un TDAH vont développer un problème psychiatrique surajouté (trouble de l’humeur, anxiété, opposition, traits de personnalité pathologiques et toxicomanieet problèmes de consommation de substances).

Sur le plan de la santé physique, le TDAH complique la prise en charge et problèmes de santé chroniques tel le diabète et l’asthme, accentue le risque de développer de l’obésité et des troubles du sommeil, mais aussi de se blesser accidentellement (dont subir un TCCL) et d’être impliqué dans un accident de voiture comme conducteur et comme piéton.

Quel est le processus d'évaluation?

Toute personne qui a de la difficulté à se concentrer ou a la bougeotte ne souffre pas nécessairement d’un TDAH pour autant.

Beaucoup d’autres pathologies médicales et psychiatriques et plusieurs situations psychosociales difficiles peuvent entraîner des problèmes qui ressemblent au TDAH ou qui peuvent le compliquer.

L’évaluation diagnostique suit un processus clinique qui permet de mesurer l’intensité des symptômes et de leurs impacts mais aussi de dépister les problématiques qui peuvent mimer le TDAH ou l’aggraver.

Il n’existe pas de test sanguin, d’imagerie médicale ou de tests neuropsychologiques qui peuvent confirmer ou éliminer un diagnostic de TDAH. La démarche diagnostique doit être faite par un clinicien qui connait bien le TDAH.

L’évaluation diagnostique se fait grâce à un entretien clinique au cours duquel le clinicien recherche les symptômes spécifiques du TDAH, en vérifie les impacts fonctionnels, recherche les problèmes qui peuvent ressembler au TDAH (diagnostic différentiel) ou le compliquer (troubles associés, aussi appelés «comorbides» dans le jargon professionnel).

Pour les plus grands, il faut non seulement explorer la présence des symptômes dans l’enfance mais aussi leur persistance au moment de la consultation.

Le clinicien doit vérifier avec l’individu (et ses proches en autant que possible) le degré d’impact dans son fonctionnement pour cibler les stratégies thérapeutiques, ce qui permet de décider de la nécessité et du choix d’un traitement.

La recherche de problèmes et de maladies associés est essentielle pour établir un plan de traitement personnalisé et efficace.

L’examen neuropsychologique permet de mieux qualifier et quantifier les atteintes cognitives, pour permettre de travailler celles-ci spécifiquement en thérapie, ou pour confirmer ou éliminer d’autres diagnostics possibles.

Cependant, les tests neuropsychologiques ne permettent pas à eux seuls de faire le diagnostic (il n’y a pas de test spécifique au TDAH).

Il existe des questionnaires qui permettent de quantifier l’intensité ou l’impact fonctionnel des symptômes et d’ainsi mesurer le degré de sévérité du TDAH. Certains questionnaires peuvent être remplis par la personne atteinte et ses proches alors que d’autres nécessitent une formation particulière et sont administrés par des professionnels.

Il importe d’aller au-delà du constat du symptôme pour se questionner sur son origine. Quelqu’un peut être distrait, agité ou impulsif pour de nombreuses raisons sans que ce soit d’emblée dû au TDAH.

Quels sont les approches thérapeutiques recommandées?

Le TDAH peut prendre différents visages et avoir des impacts dans plusieurs sphères de vie. Les types de traitements proposés visent à diminuer l’intensité  des symptômes et améliorer le fonctionnement de la personne atteinte afin de lui permettre d’avoir accès à son plein potentiel. Il est impressionnant de constater comment les traitements et les techniques d’adaptation peuvent aider à réduire les handicaps associés à cette problématique. Voici quelques ressources utiles à connaitre :

La Canadian ADHD Resource Alliance (CADDRA), a aussi a établi des lignes directrices canadiennes concernant le processus diagnostique et les traitements du TDAH. Le contenu est révisé périodiquement et est disponible en ligne.

Bien connaître le TDAH est essentiel pour mettre en place les stratégies efficaces pour mieux vivre avec le TDAH.

Le traitement du TDAH commence d’abord par la confirmation du diagnostic et l’enseignement qui suit. Il est essentiel que la personne atteinte et ses proches comprennent ce qu’est le TDAH. Souvent, juste le fait de “comprendre enfin” est un grand soulagement.

Plusieurs options de traitements pharmacologiques ont été démontrées efficaces

Quand les symptômes de TDAH demeurent problématiques malgré des stratégies adaptatives, une médication peut être offerte, intégrée à une approche multimodale. Le médecin doit alors tenir compte de la présence, s’il y a lieu, d’autres problématiques associées.

En général, les médicaments pour le TDAH sont bien tolérés. Il est important de trouver un bon équilibre entre les effets thérapeutiques (primaires) versus les effets indésirables (secondaires).

La médication agit un peu comme une paire de lunettes biologiques permettant d’améliorer la capacité du cerveau à faire le focus. Elle favorise une meilleure transmission de l’information, comme si on ajoutait des agents de circulation aux intersections stratégiques et qu’on améliorait les systèmes de démarrage et de freinage des voitures.

LES TRAITEMENTS DÉCRITS CI-APRÈS SONT CEUX DISPONIBLES ACTUELLEMENT AU CANADA ET DOIVENT ÊTRE PRESCRITS SOUS SUPERVISION MÉDICALE.

Le traitement pharmacologique standard du TDAH consiste en la prise de psychostimulants à base d’amphétamines ou à base de méthylphénidate. Certains médicament non psychostimulants sont aussi disponibles. Les types de médicaments approuvés pour le TDAH ainsi que les noms des produits peuvent différer selon les régions du globe.

Quel que soit le médicament utilisé, l’ajustement des doses doit être progressif et sous surveillance médicale. Lorsque la bonne posologie est atteinte, la réponse clinique est notable en dedans de quelques jours pour les psychostimulants et dans un délai d’une à plusieurs semaines pour les non psychostimulants.
Certains produits ont une action plus courte, d’autres agissent toute la journée. Pour résumer ces informations, vous trouverez ici un Aide-mémoire médicaments TDAH-Québec , un Aide-mémoire médicaments TDAH-Canada et un lien vers les tableaux de CADDRA.

Ces traitements pharmacologiques ont une efficacité démontrée dans le TDAH. Certaines personnes vont avoir une meilleure réponse thérapeutique avec un produit plutôt qu’un autre. Ces produits sont généralement bien tolérés. Cependant, tous les médicaments peuvent entraîner des effets secondaires. Informez-vous à votre médecin ou à votre pharmacien quant aux traitements envisagés.

S’il y a présence d’un trouble de l’humeur ou d’un trouble anxieux surajouté, celui-ci doit être considéré dans le plan de traitement. Les psychostimulants peuvent aggraver certains troubles anxieux. En présence d’un TDAH compliqué d’une dépression ou d’un trouble anxieux, le médecin mesure le degré de chacune des problématiques pour aborder le plan de traitement selon la hiérarchie de celle qui est la plus sévère en premier.

Est-ce démontré que les résultats de tests génétiques permettent de prédire la réponse aux médicaments TDAH?

Le concept de pouvoir se baser sur un test génétique pour faire un meilleur choix de médicament est attrayant à l’esprit.

Cependant, cette approche n’est pas recommandée par les experts car aucune recherche scientifique n’a mis en évidence à date la valeur ajoutée d’un bilan génétique dans le choix d’un traitement pharmacologique dans le TDAH.

Lignes directrices canadiennes en TDAH

Quelle est la place du neurofeedback et de l'entrainement cognitif parmi les stratégies d'intervention pour les personnes avec TDAH ou TSA?

Lignes directrices canadiennes en TDAH

Résumé : L’entrainement cognitif et le neurofeedback ne sont PAS recommandées comme approche thérapeutique du TDAH en dehors d’un cadre de recherche.

Lignes directrices NICE pour le Trouble du spectre de l’autisme TSA

Résumé : L’entrainement cognitif et le neurofeedback ne sont PAS recommandées comme approche thérapeutique du TSA.

American Academy of Pediatrics :
Neurofeedback, Hypnotherapy, and Guided Imagery

Résumé : “The studies on the use of neurofeedback to date have been criticized for lacking the appropriate controls or the random assignment of test subjects to the treatment or sham treatment groups. It should also be pointed out that neurofeedback treatment is an expensive approach to treating ADHD.”

Avis de l’Ordre des psychologues du Québec sur le biofeedback et le neurofeedback à l’attention de l’office des professions du Québec (15 avril 2016)

Quel professionnel consulter?

Vous désirez consulter un professionnel de la santé ou de l’éducation mais vous avez de la difficulté à vous repérer parmi les différents types de services?

Pour vous aider à faire le point, vous pouvez rencontrer votre médecin, un intervenant au CLSC de votre région ou bien celui d’une ressource communautaire.

Nous vous invitons à explorer les sites des différentes associations et des ordres professionnels suivants pour trouver un service dans votre région et obtenir plus d’informations sur les rôles et les champs d’expertise respectifs à chacune de ces professions :

NOTE : Il n’est pas nécessaire de se procurer une référence d’un médecin pour consulter un professionnel de la santé ou de l’éducation. Certaines assurances peuvent exiger une prescription pour le remboursement des frais d’honoraires.

Est-ce que tous les professionnels qui portent le titre de «docteur» peuvent prescrire des médicaments?

Le titre de docteur n’est pas réservé aux médecins. Ceci peut parfois devenir confondant.

Le terme « Docteur » est utilisé pour toute personne qui a complété un diplôme de doctorat dans une discipline donnée (ex. : docteur en médecine, docteur en psychologie). Il ne faut pas confondre médecin et docteur.

Au Canada, les seuls professionnels autorisés à pouvoir prescrire les médicaments pour traiter le TDAH médecins généralistes et les médecins spécialistes ainsi que, au Québec, les infirmières praticiennes en santé mentale.

NOTE : Selon la loi canadienne qui régit les médicaments, les psychostimulants sont classés parmi les produits dits «contrôlés». La prescription de ces produits n’est pas transférable d’une pharmacie à l’autre, même quand la nouvelle pharmacie est de la même bannière. Il est donc essentiel d’obtenir une nouvelle prescription de la part de son médecin si la personne doit changer de pharmacie.

Qu'est-ce que le TDAH? Y a-t-il une épidémie? Pourquoi le dépister?

Le TDAH est un problème neurologique qui entraîne des difficultés à contrôler et à freiner les idées (inattention), les gestes (bougeotte physique) et les comportements (impulsivité).

Y a-t-il une épidémie?

Certains ont l’impression qu’il y a une épidémie de TDAH. Le TDAH touche environ 5-8% des enfants et environ 4% des adultes. Au Canada et aux États-Unis, comme dans bien des endroits au monde, le TDAH est encore la cible de «mésinformation». Cependant, de plus en plus de gens sont sensibilisés au fait que le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui peut avoir des impacts importants dans la vie des personnes atteintes. Nous avons maintenant de meilleurs outils pour identifier et aider ceux qui en souffrent, la conscience publique de ce trouble s’est grandement accrue dans les dernières années. Par conséquent, les professionnels et le grand public sont plus attentifs au TDAH, le dépistage et l’offre thérapeutique s’intensifient. Dans beaucoup de pays, le nombre de personnes traitées avec la médication TDAH explose, au point que plusieurs s’interrogent si des personnes présentant d’autres problématiques qui peuvent entraîner des symptômes apparentés au TDAH ne reçoivent pas une approche thérapeutique appropriée par erreur diagnostique. En effet, plusieurs éléments peuvent mimer le TDAH ou en empirer les symptômes, il est important de bien se renseigner, de faire une démarche diagnostique adéquate auprès d’un professionnel qualifié et de bien cibler les objectifs de traitement pour pouvoir mettre en place les stratégies gagnantes pour mieux vivre avec son TDAH.

Pourquoi le dépister ?

Les symptômes du TDAH sont présents depuis l’enfance et les études de suivi ont permis d’établir qu’ils persistent à l’âge adulte dans la majorité des cas.

Les personnes atteintes vivent des difficultés au quotidien qui leur nuisent autant à l’école, dans leur travail que dans leur vie privée en raison des:

  • troubles cognitifs attentionnels (distractibilité, bougeotte des idées, oublis, perte d’objets, désorganisation, éparpillement à la tâche et difficulté à commencer et terminer à temps
  • difficultés avec la notion et l’organisation du temps mais aussi de l’espace
  • comportements d’agitation et dl’impulsivité.
  • difficultés à moduler l’intensité de leur réponse émotionnelle (« à fleur de peau », « hypersensible », « la mèche courte »).

Souvent, elles ont appris à composer avec la bougeotte physique et l’ont canalisée dans leur travail ou dans les sports.

Certains se « traitent » avec des psychostimulants en vente libre (caféine, nicotine) ou des drogues de rue comme le cannabis ou la cocaïne.

En raison des symptômes du TDAH et des impacts de ceux-ci, plusieurs personnes atteintes souffrent aussi d’une faible estime d’eux-mêmes et d’un sentiment de sous-performance chronique.

Dépister le TDAH, comprendre comment son cerveau fonctionne, permet à la personne atteinte et ses proches de mettre en place plusieurs stratégies compensatoires pour en réduire les impacts (voir section TRUCS).

Quand le TDAH entraine des impacts significatifs malgré ces stratégies, quand le «fardeau compensatoire» est trop lourd, il importe de consulter pour obtenir de l’aide, afin de pouvoir développer son potentiel et réduire le risque de présenter des problématiques associées.

Quelles en sont les causes?

On ne connaît pas les causes exactes du TDAH.

La génétique joue un rôle important dans la transmission de ce problème.

Le TDAH a une composante héréditaire dans la majorité des cas et peut aussi, plus rarement, être lié à des séquelles d’atteintes neurologiques en bas âge (ie : la prématurité, une souffrance néonatale ou une maladie neurologique précoce d’origine infectieuse comme la méningite). Il existe donc des individus mais aussi bien souvent des familles qui se débattent pour réduire l’impact que les symptômes du TDAH entraînent dans leur quotidien.

La façon d’élever un enfant atteint de TDAH peut en moduler l’expression et l’évolution. Par exemple, la présence ou l’absence de support et d’aide pour pallier à ce trouble peuvent entraîner de l’anxiété, des atteintes de l’estime de soi, et des problématiques de comportement (ie : opposition, délinquance).

Le TDAH est un trouble neurobiologique

Certains neurotransmetteurs seraient dysfonctionnels dans le TDAH (dopamine et la noradrénaline.

Le cerveau des personnes atteintes de TDAH fonctionne différemment.

Pour comprendre les atteintes reliées au TDAH, comparons la circulation de l’information dans le cerveau à un réseau routier. Des études du fonctionnement du cerveau chez les personnes atteintes de TDAH ont mis en évidence un mauvais fonctionnement de zones responsables du contrôle ou de l’inhibition de certains comportements (appelées dans le jargon médical « fonctions exécutives », qui permettent entre autres le « démarrage, le freinage, les changements de direction et la priorisation sur la route »). Il semble que, dans le TDAH, le réseau de transmission de l’information soit défectueux, comme s’il manquait de feux de circulation et de panneaux de signalisation dans le réseau routier et que les voitures n’avaient pas un bon système de démarrage et de freinage. Les études en imagerie cérébrale ont démontré que le cerveau des personnes atteintes de TDAH fonctionne différemment et que certaines de ces différences sont réversibles sous traitement pharmacologique. D’autres travaux de recherche ont aussi mis en évidence un retard de maturation dans le développement du cerveau qui peut en partie expliquer pourquoi plusieurs jeunes atteints de TDAH semblent adopter des comportements qui plus immatures que leur âge.

Pourquoi et qui consulter?

Au Québec, que faire si l’on suspecte un TDAH chez son enfant ou pour soi-même?

  •  Bien se renseigner
    • Groupes d’entraide
    • CLSC, professionnels et intervenants dans le domaine
    • Livres, vidéos, sites web, conférences
  • Mettre en place les stratégies d’adaptations reconnues efficaces et évaluer les besoins pour une médication
  • Consulter son médecin de famille
    • remplir les questionnaires demandés;
    • rechercher les impacts fonctionnels (pour cibler pourquoi et quand intervenir);
    • envisager une consultation en spécialité lorsque le tableau est complexe.
  • Consulter un psychologue
    • pour clarifier le diagnostic de TDAH ou de trouble d’apprentissage. Au Québec, les dispositions de la loi 21 stipulent que tous les psychologues peuvent procéder à l’évaluation du TDAH et d’un trouble d’apprentissage et conclure à leur présence;
    • pour mettre en place les stratégies non pharmacologiques pour mieux vivre avec le TDAH;
    • pour entreprendre une psychothérapie spécifique au TDAH ou à une problématique associée.

Le TDAH entraine une difficulté à moduler l’attention, les mouvements, les comportements et parfois même les émotions.

L’enfant est en général amené en consultation pour :

  • des symptômes attentionnels;
  • de l’hyperactivité ou de l’impulsivité;
  • des problèmes d’apprentissage.

Note : Les difficultés académiques et les problèmes de comportement sonnent souvent l’alarme. L’enfant plus inattentif, sans bougeotte associée, est souvent référé plus tard dans sa vie car ses symptômes sont moins “visibles”.

L’adulte consulte en général de lui-même car:

  • il a un proche (souvent un enfant) pour qui la reconnaissance et le traitement du TDAH a été bénéfique;
  • il se reconnait dans les descriptions du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité et vit encore à l’âge adulte des difficultés en lien avec un TDAH probable.

D’autres, quel que soit l’âge, consultent pour des problématiques associées.

Sur le plan de la santé mentale, plus de la moitié des gens souffrant d’un TDAH vont développer un problème psychiatrique surajouté (trouble de l’humeur, anxiété, opposition, traits de personnalité pathologiques et toxicomanieet problèmes de consommation de substances).

Sur le plan de la santé physique, le TDAH complique la prise en charge et problèmes de santé chroniques tel le diabète et l’asthme, accentue le risque de développer de l’obésité et des troubles du sommeil, mais aussi de se blesser accidentellement (dont subir un TCCL) et d’être impliqué dans un accident de voiture comme conducteur et comme piéton.

Quel est le processus d'évaluation?

Toute personne qui a de la difficulté à se concentrer ou a la bougeotte ne souffre pas nécessairement d’un TDAH pour autant.

Beaucoup d’autres pathologies médicales et psychiatriques et plusieurs situations psychosociales difficiles peuvent entraîner des problèmes qui ressemblent au TDAH ou qui peuvent le compliquer.

L’évaluation diagnostique suit un processus clinique qui permet de mesurer l’intensité des symptômes et de leurs impacts mais aussi de dépister les problématiques qui peuvent mimer le TDAH ou l’aggraver.

Il n’existe pas de test sanguin, d’imagerie médicale ou de tests neuropsychologiques qui peuvent confirmer ou éliminer un diagnostic de TDAH. La démarche diagnostique doit être faite par un clinicien qui connait bien le TDAH.

L’évaluation diagnostique se fait grâce à un entretien clinique au cours duquel le clinicien recherche les symptômes spécifiques du TDAH, en vérifie les impacts fonctionnels, recherche les problèmes qui peuvent ressembler au TDAH (diagnostic différentiel) ou le compliquer (troubles associés, aussi appelés «comorbides» dans le jargon professionnel).

Pour les plus grands, il faut non seulement explorer la présence des symptômes dans l’enfance mais aussi leur persistance au moment de la consultation.

Le clinicien doit vérifier avec l’individu (et ses proches en autant que possible) le degré d’impact dans son fonctionnement pour cibler les stratégies thérapeutiques, ce qui permet de décider de la nécessité et du choix d’un traitement.

La recherche de problèmes et de maladies associés est essentielle pour établir un plan de traitement personnalisé et efficace.

L’examen neuropsychologique permet de mieux qualifier et quantifier les atteintes cognitives, pour permettre de travailler celles-ci spécifiquement en thérapie, ou pour confirmer ou éliminer d’autres diagnostics possibles.

Cependant, les tests neuropsychologiques ne permettent pas à eux seuls de faire le diagnostic (il n’y a pas de test spécifique au TDAH).

Il existe des questionnaires qui permettent de quantifier l’intensité ou l’impact fonctionnel des symptômes et d’ainsi mesurer le degré de sévérité du TDAH. Certains questionnaires peuvent être remplis par la personne atteinte et ses proches alors que d’autres nécessitent une formation particulière et sont administrés par des professionnels.

Il importe d’aller au-delà du constat du symptôme pour se questionner sur son origine. Quelqu’un peut être distrait, agité ou impulsif pour de nombreuses raisons sans que ce soit d’emblée dû au TDAH.

Quels sont les approches thérapeutiques recommandées?

Le TDAH peut prendre différents visages et avoir des impacts dans plusieurs sphères de vie. Les types de traitements proposés visent à diminuer l’intensité  des symptômes et améliorer le fonctionnement de la personne atteinte afin de lui permettre d’avoir accès à son plein potentiel. Il est impressionnant de constater comment les traitements et les techniques d’adaptation peuvent aider à réduire les handicaps associés à cette problématique. Voici quelques ressources utiles à connaitre :

La Canadian ADHD Resource Alliance (CADDRA), a aussi a établi des lignes directrices canadiennes concernant le processus diagnostique et les traitements du TDAH. Le contenu est révisé périodiquement et est disponible en ligne.

Bien connaître le TDAH est essentiel pour mettre en place les stratégies efficaces pour mieux vivre avec le TDAH.

Le traitement du TDAH commence d’abord par la confirmation du diagnostic et l’enseignement qui suit. Il est essentiel que la personne atteinte et ses proches comprennent ce qu’est le TDAH. Souvent, juste le fait de “comprendre enfin” est un grand soulagement.

Plusieurs options de traitements pharmacologiques ont été démontrées efficaces

Quand les symptômes de TDAH demeurent problématiques malgré des stratégies adaptatives, une médication peut être offerte, intégrée à une approche multimodale. Le médecin doit alors tenir compte de la présence, s’il y a lieu, d’autres problématiques associées.

En général, les médicaments pour le TDAH sont bien tolérés. Il est important de trouver un bon équilibre entre les effets thérapeutiques (primaires) versus les effets indésirables (secondaires).

La médication agit un peu comme une paire de lunettes biologiques permettant d’améliorer la capacité du cerveau à faire le focus. Elle favorise une meilleure transmission de l’information, comme si on ajoutait des agents de circulation aux intersections stratégiques et qu’on améliorait les systèmes de démarrage et de freinage des voitures.

LES TRAITEMENTS DÉCRITS CI-APRÈS SONT CEUX DISPONIBLES ACTUELLEMENT AU CANADA ET DOIVENT ÊTRE PRESCRITS SOUS SUPERVISION MÉDICALE.

Le traitement pharmacologique standard du TDAH consiste en la prise de psychostimulants à base d’amphétamines ou à base de méthylphénidate. Certains médicament non psychostimulants sont aussi disponibles. Les types de médicaments approuvés pour le TDAH ainsi que les noms des produits peuvent différer selon les régions du globe.

Quel que soit le médicament utilisé, l’ajustement des doses doit être progressif et sous surveillance médicale. Lorsque la bonne posologie est atteinte, la réponse clinique est notable en dedans de quelques jours pour les psychostimulants et dans un délai d’une à plusieurs semaines pour les non psychostimulants.
Certains produits ont une action plus courte, d’autres agissent toute la journée. Pour résumer ces informations, vous trouverez ici un Aide-mémoire médicaments TDAH-Québec , un Aide-mémoire médicaments TDAH-Canada et un lien vers les tableaux de CADDRA.

Ces traitements pharmacologiques ont une efficacité démontrée dans le TDAH. Certaines personnes vont avoir une meilleure réponse thérapeutique avec un produit plutôt qu’un autre. Ces produits sont généralement bien tolérés. Cependant, tous les médicaments peuvent entraîner des effets secondaires. Informez-vous à votre médecin ou à votre pharmacien quant aux traitements envisagés.

S’il y a présence d’un trouble de l’humeur ou d’un trouble anxieux surajouté, celui-ci doit être considéré dans le plan de traitement. Les psychostimulants peuvent aggraver certains troubles anxieux. En présence d’un TDAH compliqué d’une dépression ou d’un trouble anxieux, le médecin mesure le degré de chacune des problématiques pour aborder le plan de traitement selon la hiérarchie de celle qui est la plus sévère en premier.

Est-ce démontré que les résultats de tests génétiques permettent de prédire la réponse aux médicaments TDAH?

Le concept de pouvoir se baser sur un test génétique pour faire un meilleur choix de médicament est attrayant à l’esprit.

Cependant, cette approche n’est pas recommandée par les experts car aucune recherche scientifique n’a mis en évidence à date la valeur ajoutée d’un bilan génétique dans le choix d’un traitement pharmacologique dans le TDAH.

Lignes directrices canadiennes en TDAH

Quelle est la place du neurofeedback et de l'entrainement cognitif parmi les stratégies d'intervention pour les personnes avec TDAH ou TSA?

Lignes directrices canadiennes en TDAH

Résumé : L’entrainement cognitif et le neurofeedback ne sont PAS recommandées comme approche thérapeutique du TDAH en dehors d’un cadre de recherche.

Lignes directrices NICE pour le Trouble du spectre de l’autisme TSA

Résumé : L’entrainement cognitif et le neurofeedback ne sont PAS recommandées comme approche thérapeutique du TSA.

American Academy of Pediatrics :
Neurofeedback, Hypnotherapy, and Guided Imagery

Résumé : “The studies on the use of neurofeedback to date have been criticized for lacking the appropriate controls or the random assignment of test subjects to the treatment or sham treatment groups. It should also be pointed out that neurofeedback treatment is an expensive approach to treating ADHD.”

Avis de l’Ordre des psychologues du Québec sur le biofeedback et le neurofeedback à l’attention de l’office des professions du Québec (15 avril 2016)

Coordonnées
Québec, Saint-Augustin-de-Desmaures 3679 rue de l'Hêtrière, Local 120, G3A 1X1
581 741-7010

Services spécialisés multidisciplinaires d’évaluation et d’intervention pour enfants, adolescents et adultes. TDAH et/ou problématiques reliées.

© 2020. Tous droits réservés | Clinique FOCUS | Création Snabb

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